SYVALENERGIE – 07-Traitement des fumées

Lors de la construction de l’Unité de Valorisation Énergétique de La Veuve achevée fin 2005, 1/3 de l’investissement lié au process a été consacré au traitement des fumées et des polluants. Le Syvalom et son délégataire Auréade (filiale dédiée de Veolia) se sont imposés des rejets en deçà de 40 % des normes européennes en vigueur de la directive européenne du 28 décembre 2005.

Dans le cadre de la nouvelle réglementation (transposition des conclusions des Meilleures Techniques Disponibles du BREF Incinération), des travaux complémentaires de mise en conformité ont été entrepris entre 2022 et 2023 :

  • du remplacement du lait de chaux par du bicarbonate pour neutraliser les fumées et capter les métaux lourds, les dioxines et les acides,
  • du changement des filtres à manche afin d’augmenter la surface de captage des poussières,
  • de la création d’un bâtiment dédié au traitement catalytique
  • des oxydes d’azote,
  • de l’ajout d’un système de mesure en continu de mercure.

Le process de traitement des fumées est le suivant :

Un économiseur est installé directement en sortie de la chaudière pour refroidir les fumées de la chaudière pour atteindre une température de 180°C. L’économiseur est ni plus ni moins qu’un échangeur thermique à eau. La fumée chaude vient fournir sa chaleur à de l’eau à plus basse température qui va alimenter une boucle de rechauffage pour le réseau de chaleur. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Une fois la température abaissée, les fumées peuvent être mélangées avec les réactifs de traitement que sont le bicarbonate de sodium et le charbon actif. Ces deux composés ont des propriétés différentes et agissent tous les deux de manières différentes. Le bicarbonate interagit sur le dioxyde de souffre (SO2) et les acides tandis que le charbon actif lui va venir capturer les métaux lourds, les dioxines.

Ce mélange réactif fumée a lieu dans le LABLOOP, un mixeur à fumée.

Une fois l’homogénéité réalisée entre fumées et réactifs, l’ensemble est envoyé sur le filtre à manches. Le filtre à manche est composé de “chaussettes” de filtration en PTFE qui ont un pouvoir de filtration des composés polluants que nous cherchons à éliminer des fumées. Quand le filtre entre en saturation, des injections d’air comprimé viennent décoller ce que l’on appelle dans le métier le gâteau et produire ce que l’on appelle le REFIOM.

Les fumées épurées d’acide de dioxyde de souffre (SO2), de poussières, de dioxines et autres continuent leur chemin dans le traitement des fumées pour arriver dans ce que l’on nomme le catalyseur. Le catalyseur est le lieu de réaction entre l’ammoniac (injecté volontairement en qualité de réactif en sortie du filtre à manches) et les oxydes d’azote que nous cherchons à éliminer des fumées.

L’objectif est de réduire la quantité d’oxydes d’azote dans les fumées. Le principe de fonctionnement est le même que celui du catalyseur de voiture avec l’injection d’adblue. L’adblue est une solution à base d’urée comme l’ammoniac. Nous avons donc installé un énorme pot d’échappement catalytique de voiture à la sortie de l’usine.

Une fois cela fait, il nous reste plus qu’à retirer le reste de calories présent dans les fumées (chaleur restante) pour optimiser au maximum la perte de chaleur à la cheminée. Cette chaleur récupérée sera également remise sur le réseau de chaleur.

Tous les rejets continuent d’être suivis en continu excepté les dioxines et les furannes.

Le nouveau traitement de fumées permet d’être encore plus performant.